Humanité de merde

Humanité de merde. Que faire pour amorcer un virage?

 

Dans mon fil d’actualités Facebook, j’ai vu hier que des moines bouddhistes avaient maltraité des tigres. Des fucking moines bouddhistes? J’en reviens pas. Mais c’est quoi cette merde? J’ai donc couché ces mots pour parler de notre humanité de merde.

D’abord, regardons la définition du terme Humanité dans le Larousse :

  • Ensemble des êtres humains, considéré parfois comme un être collectif ou une entité morale : Évolution de l’humanité.Agir par amour de l’humanité.

  • Disposition à la compréhension, à la compassion envers ses semblables, qui porte à aider ceux qui en ont besoin : Traiter quelqu’un avec humanité.
  • Littéraire. Ensemble des caractères par lesquels un être vivant appartient à l’espèce humaine, ou se distingue des autres espèces animales : Un forcené qui a perdu toute apparence d’humanité.

Donc nous sommes un groupe doté de compassion envers ses semblables, ce qui la distingue des autres espèces.

J’ai dû en manquer un bout car ce n’est pas ça que je vois. Loin de là. Ishhhh.

La compassion, c’est l’affaire d’une infime minorité. Oui, on s’émeut devant des orphelins en Haïti, les gens qui perdent tout en Alberta, les aînés dont les familles ne peuvent pas aller les laver (mais pourquoi donc devraient-ils le faire? C’est pas au gouvernement de s’occuper d’eux? Euh non). On est malade comme espèce, on est à des années lumières de la compassion.

Autre petit fait divers : la semaine dernière, un chien a fait les manchettes car un épais l’avait criblé de petits plombs en tentant de le tuer, puis il l’a enterré vivant. Son propriétaire n’était pas ben ben plus brillant en confiant ce sal job à son voisin. Il aurait pu tenter de le donner ou au pire de le faire euthanasier comme du monde. Mais non.

Et nous on lit la nouvelle, on se sent triste, puis on tourne la page. Ou encore, pour se donner bonne conscience et ne pas passer pour des sans coeur, on exprime notre stupeur, on décrit les gestes, on fait des dons ou de quelconques actions mineures et puis hop, on retourne à la télé pour regarder le Banquier ou le Téléjournal. Où est l’humanité ici? Peut-on vivre à ce point déconnecté de son cœur? Pis j’en fait partie de cette humanité de caca. Ça me révolte. Mais au fond, ce que je ressens le plus au fond de moi c’est de la tristesse. Une profonde et sourde tristesse. Et de la honte. Amènes-en de la honte.

Moi j’ai honte d’être un humain. Et ça remonte à loin. Quand j’étais à l’école primaire, j’ai vu des reportages sur la Deuxième Guerre mondiale et les atrocités faites aux Juifs. Je ne comprenais pas tout le contexte, mais avais-je vraiment besoin de comprendre les enjeux? J’étais sidérée par l’horreur, par le sadisme des humains. J’en ai été traumatisée. Puis au début de mon adolescence, j’ai vu la série Racines (Roots). Comment peut-on prendre un peuple et le forcer à l’esclavage? Comment peut-on maltraiter ainsi des êtres humains? Comment peut-on les priver de leur dignité? J’ai eu honte pendant longtemps d’être une Blanche, et ce même si je n’avais rien à voir là-dedans. Où était l’humanité? Quelle humanité? Puis, on m’a enseigné un peu l’histoire des Noirs, et j’ai su qu’au moment de ma naissance, on pendait encore des Noirs aux États-Unis, on les brulait, on les violait. L’humanité n’avait encore rien compris? Mais au moins c’était dans d’autres pays. Ce soulagement n’a pas duré car j’ai connu ensuite l’histoire des peuples autochtones du Canada. Pas ben ben reluisant comme histoire celle-là. Aujourd’hui on parle du terrorisme islamiste comme si c’était la fin du monde. À Columbine, aux États-Unis, c’est pas un Américain qui a descendu plein de monde dans une école secondaire? Cette violence est partout. Tous les jours,il y a de nouveaux méchants qui par leurs actions nous réconfortent dans notre sentiment d’être les «bons». Bullshit.

C’est trop pour moi tout ça. Des fois, je ne vois juste pas d’espoir. Comment insuffler l’humanité dans l’humain? Je suis juste un ti-cul moi. Pis toi aussi. Mais que faire pour devenir noble et compatissant, aidant et aimant? Vous remarquerez que je n’ai pas dit redevenir, car nous ne l’avons jamais été. Ça remonte à Caïn, si on se fie à la Bible. Il a pas mal parti le bal ce connard. Ou si vous préférez la théorie de l’évolution, c’est pas top non plus en matière de potentiel de compassion. En tout cas, quelqu’un, quelque chose quelque part s’est fourvoyé en nous créant. 

L’être humain a tenté d’inventer des religions pour nous élever en tant qu’humain. Il nous fallait un modèle, car on l’avait tout croche. Tout espoir aurait été perdu n’eut été d’êtres doués d’une telle compassion qui ont marqué à tout jamais notre espèce. Leur vie a donné naissance à divers courants idéologiques visant à faire croître notre compassion : le Bouddhisme, le Christianisme, l’Islam, le Judaïsme, l’Indouisme, les philosophes, etc.  Si c’était encore à la mode de créer des religions, c’est clair qu’il y aurait le Gandhisme, Le Mandelaisme, Le Luther-Kingisme, le MèreTéresaisme, le Lincolnisme, et j’en passe. On modifierait un peu les faits vécus pour rendre nos héros plus purs et saints, et on essaierait de les suivre. Malheureusement, on finirait sûrement par nous battre les uns contre les autres pour défendre NOTRE vérité. On torturerait des gens pour ça, on appauvrirait les pauvres, on détruirait des populations entières pour les forcer à se soumettre. Incroyable. Humains à marde.

Mon mental, lui, vient à ma rescousse en me disant que je suis pas pire quand même. Aille, je médite tous les jours, j’écris des articles pour inspirer les gens, je suis fine avec le monde, je souris aux gens, je souscris à de bonnes causes, je fais plein de trucs biens pour les autres moi! Ouais, pis je les juge aussi et je les traite de connards…

Notre espèce se croit supérieure, mais elle est en fait inférieure. Cette foutue capacité rationnelle ne nous donne aucun avantage par rapport à l’animal. Lui au moins fonctionne à l’instinct. Il ne cherche pas à détruire par pur plaisir, à moins qu’il ait été lui-même traumatisé, brisé.

Je crois que la compassion ne caractérise pas notre espèce. Au contraire, je crois que le sadisme et la méchanceté sont les caractéristiques propres de l’être humain. La compassion n’est l’affaire que des êtres d’exception. 

Alors vous devez vous dire «Ben coudon, t’es donc bien déprimante toi! S’il n’y a pas d’espoir, tu fais quoi toi là? Sommes-nous tous si mauvais?» Oui et non. Disons que nous avons TOUS le potentiel d’être sadique. Et nous avons TOUS le potentiel d’être véritablement compatissant et aimant. Il suffit de choisir quel terreau nous voulons arroser. Et comme dans la nature, ça ne fleurit pas du jour au lendemain. Il faut arroser, arroser et arroser. Il faut y travailler.

L’avenir de l’humanité ne peut passer que par là. On sent un mouvement dans ce sens. La raison et la science nous ont apporté beaucoup, mais elles ont des limites. Les gens se moquent volontiers des mouvements New Age, de la croissance personnelle, de la spiritualité et d’autres philosophies basées sur l’invisible. Ils oublient que la raison sans le cœur ne mène qu’au chaos, qu’à la désolation, qu’à la destruction. Il faut ouvrir notre cœur, il faut donner plus de place à l’amour. L’amour doit être le moteur de notre humanisation, et le mental doit être à son service, et non l’inverse.  

La première étape est de CHOISIR qui nous voulons être, quel genre d’être humain nous souhaitons devenir. Il faut faire des choix consciemment sinon nous serons à la merci de notre mental et de nos pulsions malsaines. C’est très très simple. Oubliez qui vous croyez être. Imaginez que vous êtes une page blanche et inscrivez les qualités que vous voulez personnifier. En ayant ces qualités bien en vue et à l’esprit, elles seront vos guides dans chaque action, chaque pensée. Vous serez ensuite surpris de voir que vous y pensez souvent dans votre vie quotidienne et que votre cœur prend de plus en plus de place. Je vous entends penser «Ouais mais que puis-je faire MOI pour changer le monde, pour remettre l’humanité dans l’humain?». C’est ça la beauté de la chose. Pour changer le MONDE, il faut que chaque personne change INDIVIDUELLEMENT. On arrache alors la mauvaise herbe une pousse à la fois, et on fait progresser l’humanité, la vraie. À votre contact, les gens seront contaminés par votre ouverture, votre compassion, votre amour, et vous verrez que le monde changera. Au début, tout près de vous, puis le cercle s’agrandira. Moi, j’y travaille tous les jours. Je suis loin d’incarner la compassion, mais chaque jour j’avance.

Avez-vous le goût de léguer un  monde meilleur aux générations futures? Avez-vous envie de faire une différence? Êtes-vous prêts à vous changer pour votre bien et ceux qui vous entourent? Avez-vous le goût que les gestes insensés, qu’ils soient commis par des despotes ou des moines bouddhistes, cessent?

Le moment est venu. Sortez votre feuille et définissez qui vous voulez être. Puis agissez en conséquence. Un geste à la fois.  

Je vous aime. Vraiment.

4 Comments

  1. Anonyme 16 juin 2017 at 20 h 09 min - Reply

    Salut à tous.
    On as un début de conscience. Mais nous sommes que des organismes qui ce battent pour survivre. On as un plus, notre cerveau, mais il est encore loin d’avoir cette supra conscience que nous appartenons à un tous. On reste juste des animaux qui on compris qu’il sont les plus fort. Et on cherche tous à avoir une meilleure vie. Mémé si on tue toute chose, du moment que notre bonheur est satisfait, je ne connais aucun autre organisme qui fait le contraire, à part, peut être Dieux. Prouver moi le contraire !

  2. AlKatami 7 février 2017 at 17 h 19 min - Reply

    Ça ne peut faire autrement, on a un cerveau de primate avec un niveau de conscience de primate. Il y a à peine 6 siècles on croyait la terre plate (certains y croit encore). Nous sommes des nouveau-nés de la conscience d’être, 90% de l’humanité croit encore aux chimères. On a l’orgueil de se dire fils de dieux et déesses quand en fait il faut l’humilité d’accepter que nous ne sommes que poussières d’étoiles. Pour une conscience cosmique, il faut valoriser toute forme de vie et valoriser l’environnement qui a permit cette vie. Prendre grand soin du vivant, le respecter et le protéger, c’est ce qui permettra notre évolution vers une conscience universelle. Sinon, on laisse la place à quelque chose d’autre. Nos choix actuels nous montrent la sortie, pas une porte d’entrée.

    • Johanne Voyer 9 février 2017 at 12 h 50 min - Reply

      Merci pour la réflexion!

    • Carl.V 29 avril 2019 at 21 h 30 min - Reply

      Bien dis , c’est ainsi je le vois aussi 😉

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