Comment faire le deuil d’une amitié

Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut s’exprimer qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi.
– Michel de Montaigne

Aujourd’hui, je ressens le besoin de parler d’amitié. Pendant longtemps, l’amitié était sacrée pour moi. Je me disais que les amoureux peuvent passer, mais les amis restent, peu importe. C’est ce que je croyais. Faire le deuil d’une amitié est rarement abordé, alors que la blessure peut-être aussi profonde que lors d’une rupture amoureuse. J’ai hésité longtemps avant d’écrire ce texte car j’avais peur du jugement des autres. Mon ego ne voulait pas que je m’expose ainsi, mais mon cœur a parlé plus fort.

As-tu déjà perdu un ami sans comprendre pourquoi? Y a-t-il des amis qui t’ont abandonné? Regrette-tu la perte d’une amitié en raison d’une querelle? Es-tu nostalgique quand tu penses à un ami dont tu as perdu la trace?

Je sais ce que c’est. Je vis le deuil d’une amitié et j’ai vécu l’abandon aussi dans ma vie. Voici quelques exemples à différents moments de ma vie. Peut-être t’y retrouveras-tu toi aussi.

On sait tous que lorsque l’on est enfant, les amitiés se font et se défont constamment. T’es mon ami, t’es plus mon ami. Ça, on s’en accommode généralement. Mais parfois, un incident est plus marquant que les autres (et laisse des séquelles à vie si l’expérience est mal intégrée).

Je me rappelle quand j’étais au primaire. Je me tenais avec une petite bande de fillettes de mon quartier. Il y avait la petite miss populaire/miss leader qui avait sa garde rapprochée (fillettes dites «populaires»), puis il y avait les amies «satellites» dont je faisais partie. Nous marchions toutes ensembles le matin, le midi et le soir, pour aller à l’école et en revenir. C’était agréable et rassurant. Puis un jour, je voyais bien que la bande était partie sans m’attendre. J’étais un peu surprise, mais sans plus. Puis plus je m’approchais d’elles, plus elles marchaient vite en jetant un coup d’œil derrière elles pour voir où j’étais. Là, je me suis aperçue que quelque chose ne tournait vraiment pas rond. Je me suis donc mise à courir pour les rattraper, et là je les ai vues partir en trombe. OMG, que ce passait-il? J’ai pu en attraper une, plus lente que les autres, et je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a dit, tout paniquée, «X (miss populaire) nous a dit de t’ignorer, qu’on ne voulait plus t’avoir dans la gang». Quand je lui ai demandé pourquoi, elle ne savait trop quoi me répondre, puis elle est allée rejoindre les autres, qui ricanaient. Je suis restée immobile, submergée par un sentiment d’injustice et d’abandon si profond que j’en étais sidérée. Arrivée chez moi, en larmes, j’en ai parlé avec ma mère. Elle m’a alors dit de ne pas m’en faire, que je n’avais pas besoin d’elles et que ça passerait. Ouais, c’est bien beau tout ça, me suis-je dit, mais JE NE COMPRENDS PAS POURQUOI ELLES ONT FAIT ÇA!!!!

Ma mère a eu raison. Une semaine plus tard, j’étais réintégrée dans la bande. Mais j’étais blessée à jamais.

Voici un autre exemple très différent. Il y a quelques semaines, j’ai revu lors d’une soirée retrouvailles de mon école secondaire la fille qui avait été ma meilleure amie en première secondaire. J’avais tellement connectée avec cette fille. On riait tout le temps. C’était tellement super. Mais elle est déménagée l’année suivante et je n’ai jamais eu de ses nouvelles. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi elle n’avait pas cherché à rester en contact. Notre amitié était pourtant bien réelle, non? Lorsque je l’ai vue, plus de 40 ans plus tard, j’étais tellement contente et je souhaitais prendre de ses nouvelles. Je suis donc allée la voir. Elle ne souvenait pas de mon nom et n’avait qu’un vague souvenir de notre amitié. J’ai alors compris que ce que l’on croyait être n’est pas toujours partagé… Je n’ai pas été blessée par ça, mais disons que ça m’a fait réfléchir sur les relations humaines et sur la perception que chaque personne peut avoir d’une même expérience…

Je vais maintenant vous parler d’une amitié à l’âge adulte, une que j’ai perdue il y a presque trois ans. C’était une collègue de travail avec qui j’ai noué rapidement des liens d’amitié. Cette amitié s’est développée rapidement et nous sommes devenues inséparables (comme une amitié au secondaire). Non seulement nous travaillions ensemble, mais nous nous parlions tous les soirs, nous nous voyions très souvent les weekends et allions même en voyage au même endroit pour nous voir. J’avais avec cette personne une connexion très particulière. Avec elle, je pouvais parler de spiritualité, de mes croyances profondes, de mes doutes, de mes peurs. On se partageait TOUT. J’ai des amies très proches de moi et que j’adore, mais elle, c’était particulier car on se questionnait sur le sens de la vie. Nous n’étions pas toujours d’accord, mais nos échanges étaient intenses. Cependant, j’éprouvais quelques frustrations que je ne le lui communiquais pas, ou du moins pas suffisamment clairement. Un jour, alors que je vivais une période stressante de ma vie, j’ai pété les plombs et je lui ai fait des reproches. Je ne l’ai pas ménagée. Je n’ai pas pris de recul pour évaluer si elle était prête à entendre ce que j’avais à dire, ni si ce que j’avançais valait la peine d’être dit. Résultat? Je l’ai blessée profondément, et ce sur deux fronts : elle s’est sentie (du moins c’est ce que j’ai pu interpréter) blessée injustement (à certains égards elle avait tout à fait raison) et j’ai secoué violemment son ego. Elle avait aussi sa part de tords, mais vu que ce n’était pas une personne qui acceptait facilement la critique, disons que j’ai fait exploser une bombe dans son ego.

Elle a donc voulu s’éloigner de moi pour un moment (c’était son intention au début), puis a finalement rompu les ponts définitivement. J’ai eu beau faire des tentatives de réconciliation (comme si nous avions été un couple), mais je n’ai jamais eu de signe de sa part. Au début, je ne comprenais pas qu’elle ne veuille pas qu’on se parle pour régler ça. Puis, je me suis fait à l’idée même si j’avais énormément de peine à l’intérieur de moi. Elle me manque encore. Il y a tellement de choses que j’aimerais partager avec elle. Son rire me manque. Sa douce folie aussi. Je nous voyais animer une émission de radio ensemble! Certains aspects ne me manquent pas par contre (elle portait parfois des œillères et ça m’écorche ça), mais malgré cela je donnerais cher pour qu’elle revienne. Elle était comme ma sœur. Malheureusement, nous n’étions que des amies…

Le deuil

Quand un être cher meurt, le deuil est brutal et immédiat. Mais le temps fait les choses. La douleur s’estompe avec le temps, du moins son intensité. J’ai perdu mes deux parents, et il m’arrive encore fréquemment de souhaiter leur présence, de désirer les avoir encore avec moi pour partager nos quotidiens. Mais c’est irréversible. J’ai dû m’y faire.

Le deuil d’une amitié (ou d’une relation amoureuse), c’est une autre paire de manches. La personne existe toujours, elle. Il reste souvent une partie de nous qui souhaite son retour, mais nous sommes à la merci de sa volonté de venir nous retrouver. Souvent, il y a beaucoup d’incompréhension associée à la perte d’une amitié ou d’une relation. Cette incompréhension  n’est que le mental/ego qui cherche un coupable (que ce soit nous ou l’autre), mais le cœur n’en a rien à cirer.

Comment faire son deuil d’une amitié ou d’une relation?

La souffrance persiste tant et aussi longtemps que l’on s’accroche au désir de ravoir ce qui est perdu.

  • Si tu veux te libérer de la souffrance, la première chose à faire – et la plus vitale – est D’ACCEPTER la situation. Ne lutte pas. Laisse aller.
  • N’essaie pas de la comprendre (tu perds ton temps). ACCEPTE, point final.
  • Accepte aussi ton sentiment d’abandon, ton impuissance, ta culpabilité, ta colère, ta souffrance.
  • Reconnais tes sentiments, mais ne t’y accroche pas. Laisse-les monter, laisse-les circuler en dedans, mais ne les retiens pas. Tu permettras ainsi à l’énergie de ces émotions de diminuer afin de retrouver la paix.

Une fois cette première étape faite, tu seras mieux disposé pour évaluer si tu dois faire quelque chose ou non.

  • Si, malgré tes tentatives de réconciliation, la personne ne veut pas de toi, NE LE PRENDS PAS PERSONNELLEMENT. Ce n’est plus ton problème, c’est le sien. Tu as ouvert ton cœur et tendu les bras. Mais pour des raisons qui appartiennent à la personne, elle choisit de ne pas revenir. Ça ne veut pas dire que tu ne mérites pas son amour. Ça n’a rien à voir avec ta valeur. Répète-toi ça 2 millions de fois s’il le faut, mais faut t’en convaincre car c’est la vérité.
  • Si tu évalues avoir mal agi, rien ne sert de te culpabiliser. Tu peux offrir des excuses, si ton cœur le souhaite, mais passe à autre chose ensuite. La culpabilité et l’auto-flagellation ne changeront rien à ce qui est. Et si la personne n’accepte pas tes excuses, c’est son choix. Toi, t’auras fait ce qui est bon pour TOI.
  • Respecte son choix. Aie confiance qu’elle sait ce qui lui convient le mieux.
  • Ne la descend pas aux yeux des autres car sache que ce n’est que ton ego qui veut ça. Tu n’as pas besoin de marcher sur sa tête pour te remonter. Agis dignement et avec bienveillance.
  • Ne cherche pas à comprendre non plus à ce stade-ci. Vois ça comme un autre mystère irrésolu dans la vie, comme la Caramilk… J
  • Tire TES propres leçons (que l’autre personne tire ses propres leçons ou non, ça ne t’appartient pas) pour devenir un meilleur ami/amoureux dans l’avenir.
  • Ne te culpabilise pas, et n’accuse pas l’autre. En amitié comme en amour, c’est une danse à deux. Personne n’est parfait.
  • Laisse-la aller vers sa vie, et toi va vers la tienne.
  • Et pour finir, de grâce, souhaite-lui le meilleur. Sache qu’au niveau énergétique c’est hyper bénéfique pour cette personne comme pour toi.

Pour ma part, je garde encore à ce jour un cœur ouvert envers mon amie qui s’est éloignée de moi, mais je ne la retiens pas et je ne m’accroche pas à son retour. Oui, j’aimerais qu’elle revienne, mais je le souhaite dans la paix. Je lui envoie tout mon amour et NOUS souhaite de retrouver une connexion aussi profonde, peu importe avec qui.

Et si jamais tu n’arrives pas à te libérer, vas voir un thérapeute qui pourra t’aider à te libérer. Ça sera mieux pour ta santé mentale et physique.  La vie vaut la peine d’être vécue dans la paix, la bienveillance et l’amour.

Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut s’exprimer qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi.     – Michel de Montaigne

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